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Note : Ce contenu faisait auparavant partie du site web ouimaisjellm.ca. Il a été importé ici pour archivage.
Aujourd’hui, je te présente quelques outils qui vont te permettre d’expérimenter de nouveaux logiciels et de nouvelles plateformes sans rien briser. Je sais que c’est souvent une crainte qui devient un frein à la découverte.
Nous n’irons pas dans la jungle et nous n’installerons rien de permanent sur ton ordinateur, à part des plateformes conçues pour expérimenter. Ces différentes approches permettent aussi d’expérimenter gratuitement où à très peu de frais.
Dans cet article, je te présente les démonstrateurs en ligne, les forfaits gratuits des fournisseurs infonuagiques et l’utilisation de la virtualisation et des conteneurs sur ton ordinateur. Ces techniques permettent d’expérimenter des logiciels et des environnements Linux de bureau ou de serveur sans rien briser !
🌘 Les démonstrateurs en ligne
Dans le monde du logiciel libre, c’est une pratique répandue comme développeur·e d’installer son logiciel sur un serveur dans une version libre accès, que les gens peuvent expérimenter dans des conditions réelles, avec un vrai compte. Pour des raisons de sécurité, on va généralement vouloir réinitialiser les sessions le plus souvent possibles si le logiciel conserve des données. Dans d’autres cas, les outils vont permettre la création d’un compte personnel privé et permanent, mais avec un quota de ressources limité.
🌘 Trop de choix de distributions Linux ?
Un des principaux freins à l’adoption de distributions de GNU/Linux est la méconnaissance des possibilités de cette plateforme et la propagande perpétuelle de Microsoft qui est basée sur des anecdotes qui datent de plus de 20 ans.
GNU/Linux est ce qu’on appelle un système d’exploitation. Il est formé d’un noyau, Linux, qui a pour rôle de faire la coordination entre le matériel et les logiciels. Il est aussi formé d’une collection de logiciels de base, GNU, qui permet d’offrir des fonctions communes aux logiciels :
- l’accès au disque dur
- la gestion de la mémoire
- la génération de nombres aléatoires
- l’accès au réseau et à Internet
- la compilation de code informatique en logiciels binaires
- la lecture et la modification de fichiers
- l’utilisation de la ligne de commande
Par dessus ces deux composantes, on va aussi vouloir installer un environnement graphique pour utiliser des fenêtres et naviguer avec la souris. Sur Windows et macOS, il n’y a qu’un seul environnement graphique. Dans le monde des logiciels libres, il y en a plusieurs. KDE, GNOME, LXDE, XFCE, Cinnamon, Deepin, Budgie, i3… Ça peut vraiment porter à confusion si on ne peut pas les essayer.
Il me reste à te parler de distributions. Ce sont des grands ensembles de logiciels qui sont assemblés selon divers principes, pour répondre à différents besoins. Il y a des distributions qui ciblent le grand public, les développeur·es, les scientifiques, les hackers et même les gouvernements.
Les distributions les plus populaires appartiennent à trois familles de distributions. Elles sont basées sur Debian GNU/Linux (Ubuntu, Linux Mint, Pop OS se trouvent ici), Red Hat (Alma Linux, Rocky Linux, Fedora, Oracle Linux en sont quelques-unes) et enfin Arch Linux (Manjaro, EndeavourOS se trouvent ici). Il y en a des centaines et c’est facile de s’y perdre. Le site DistroWatch est populaire pour suivre les nouveautés et celles qui sont les plus populaires.
Une fois que tu as identifié une distribution qui te tente et un environnement graphique, c’est ici que DistroSea est utile. En moins d’une minute, tu as accès à un bureau fonctionnel dans ton navigateur.
🌘 Essayer Linux avec DistroSea
DistroSea permet d’accéder à des systèmes avec ces différents environnements. Il utilise la technologie web pour permettre d’essayer librement différents environnements basés sur GNU/Linux.
Cependant, DistroSea ne permet pas d’accéder à Internet pour installer de nouveaux paquets, donc on n’ira pas plus loin ici.
Lorsque tu arrives sur l’accueil de DistroSea, tu dois d’abord choisir ta distribution.
Je vais choisir ici Debian comme exemple. C’est celle en bas à droite, avec la spirale rouge comme logo. Ensuite, tu choisis un environnement graphique disponible pour cette distribution. Je vais choisir KDE avec la version 13.0.0.
Une fois qu’on choisit sa version, on va voir la taille de la file d’attente. Clique sur Démarrage Debian pour te mettre dans la file.
Une fois que c’est à ton tour, clique sur continuer.
Tu verras après quelques secondes le bureau de l’environnement KDE, appelé Plasma, sur un système Debian. KDE est connue pour ressembler visuellement à Windows, au niveau du menu. Par contre, les logiciels sont classés par catégories et non par fabricant comme sur Windows. Et il n’y a pas de publicité !
Nous allons ouvrir le logiciel LibreOffice Calc, qui est un tableur de la même famille que Microsoft Excel.
Voici maintenant Kate, l’éditeur de texte avancé de KDE. Beaucoup plus évolué que le bloc-notes de Windows ou TextEdit sur macOS !
🌘 Découvrir les services gratuits des CHATONS
Les CHATONS, pour le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, sont un regroupement de fournisseurs associatifs, privés et même publics de services informatiques libres. Ces services peuvent être offerts gratuitement, en échange d’un abonnement ou encore dans le cadre de services commerciaux.
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Oui, on peut vendre des logiciels libres. Il faut bien manger et payer le loyer aussi, même lorsqu’on se bat contre les GAFAM !
Ces services, lorsque offerts en libre-accès, permettent d’expérimenter et de découvrir de nouveaux outils. En échange de la gratuité, souvent, ce qui ne sera pas garanti, c’est la pérennité des données et la disponibilité en tout temps du service. Mais c’est une belle opportunité pour les essayer, puis ensuite, d’installer ses propres outils sur son serveur et faire partie (ou pas) du mouvement des CHATONS à son tour !
Certains de ces logiciels offerts en libre-accès ont aussi pour caractéristique d’être « zero-knowledge » et de garantir la confidentialité sans même devoir créer de compte. Ces services en ligne offrent un partage de contenu (texte, fichiers et autres formats de collaboration) chiffré de bout en bout localement, dans le navigateur.
Ils peuvent donc être utilisés pour partager certaines informations de manière plutôt spontanée à d’autres parties prenantes. Des coordonnées bancaires, un numéro d’assurance sociale, un mot de passe pour une application partagée en ligne qu’on est en train de tester.
Tu pourras retrouver ce type de services sur les différentes plateformes membres du collectif CHATONS, dont les Services FACiLes (dont je suis un des administrateurs).
Pour ma part, je t’offre les services « zero-knowledge » suivants (sans aucune garantie) :
🌘 Les forfaits gratuits à long terme dans le monde de l’infonuagique
La plupart des fournisseurs infonuagiques généralistes offrent un forfait gratuit avec des ressources de base. Ces ressources ne sont pas suffisantes pour une entreprise sur le long terme, mais peuvent permettre d’apprendre à utiliser les technologies de l’infonuagique et d’expérimenter avec des projets personnels ou des évènements d’une durée limitée.
Ces offres sont souvent appelées « free tier » et sont offertes en créant un compte sur ces services. Souvent, une carte de crédit sera demandée pour prévenir les abus et la fraude, surtout en lien avec le minage de cryptomonnaies.
Tu pourras trouver une liste des fournisseurs qui offrent un « free tier » sans échéance sur ce site :
🌘 La virtualisation et les conteneurs
La virtualisation permet de créer un ordinateur virtuel à l’intérieur de ton ordinateur. C’est un moyen de partager des ressources matérielles sans avoir d’impact sur le fonctionnement du système sur lequel tu travailles, en dehors d’une perte de performance temporaire associée aux ressources « prêtées » au système « invité » par le système « hôte ».
Le système « invité » ne voit pas le système « hôte » directement, mais est en quelque sorte informé d’avoir un statut d’invité, ce qui donne un niveau de sécurité assez intéressant pour expérimenter des logiciels plus complexes. Aussi, les systèmes invités ont leur propre écran virtuel, ce qui est pratique pour tester des logiciels qui demandent une interface graphique. Par contre, ici, on est loin de la performance de l’hôte, donc on peut oublier les jeux vidéos qui demandent une carte graphique !
Le logiciel VirtualBox permet d’utiliser gratuitement la virtualisation sur Windows et Linux. Voici, par exemple, une machine virtuelle utilisée pour installer la distribution d’autohébergement YunoHost. C’est une configuration que j’utilise parfois pour faire des tests. Cette approche fonctionne aussi très bien pour utiliser des logiciels Windows lorsqu’on passe sous Linux.
🌘 Créer une machine virtuelle
Pour créer une nouvelle machine virtuelle, il faut avoir entre les mains le fichier ISO du disque d’installation.
Microsoft fournit les fichiers pour Windows 10 ici:
Et pour Windows 11 ici:
Tu pourras trouver les fichiers ISO pour les différentes distributions Linux sur le site DistroWatch:
Sur macOS, on utilise plutôt le logiciel Parallels pour exécuter Windows sous macOS. Par contre, ce logiciel n’est pas gratuit. Il existe une alternative moins développée, mais gratuite : UTM. VirtualBox est disponible pour macOS, mais ça ne fonctionne pas bien et je ne le conseille pas.
Dans tous les cas, la marche à suivre est assez simple et accompagnée d’une interface graphique. Ce que je te conseille surtout, c’est de ne pas créer un disque dur de la taille entière, mais plutôt de choisir une taille dynamiquemant allouée.
Dans VirtualBox, l’option ressemble à ceci:
🌘 La conteneurisation
La conteneurisation est une approche plus légère de la virtualisation, où les ressources ne sont pas dédiées au système invité, mais partagées en temps réel. C’est comme s’il y avait un autre utilisateur avec son propre système de fichier, mais sur le même serveur. Les conteneurs fonctionnent sous Linux, donc pour les utiliser sur Windows ou macOS, il faut utiliser de la virtualisation. Le logiciel Docker Desktop, entre autre, cache cette abstraction pour les utilisateurs, et rend l’utilisation de conteneurs conviviale.
Les conteneurs permettent d’utiliser des logiciels normalement conçus pour des serveurs informatiques Linux sur n’importe quel ordinateur, et ainsi de garder davantage d’autonomie et de protection des données.
🌘 Conclusion
Avec tous ces outils, tu pourras maintenant satisfaire ta curiosité sans avoir peur de tout briser et sans affecter ton budget.
Que ce soit avec les démonstrateurs en ligne, avec les services des CHATONS ou avec la virtualisation, tu as plusieurs possibilités pour découvrir de nouveaux logiciels sans devoir les installer sur ton ordinateur. Tu as aussi la possibilité de tester Linux sans devoir l’installer sur ton ordinateur, et utiliser des logiciels pour les serveurs sans devoir en louer un.