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Chronique du 9 mars 2026 à CKIA FM - Les communs numériques au Québec

- 2,652 mots - Temps de lecture estimé: 15 minutes

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🌘 Extrait

Dans cette chronique, je présente le concept de communs numériques et je présente des exemples internationaux et québécois

Tu peux écouter ma chronique à partir de 52:20 à 1:03:19 sur Spotify et Balado Québec

🌘 Résumé

Ce résumé a été généré par l’IA générative Google Gemini

Cette conversation entre l’animateur et François Pelletier définit les communs numériques comme des ressources appartenant à la communauté des internautes plutôt qu’à des entreprises privées. Ces outils sont libres d’utilisation et peuvent être améliorés par tous.

Voici les ressources et initiatives mentionnées durant l’entretien :

🌘 Initiatives nationales et culturelles

🌘 Fabrication et partage d’objets

🌘 Logiciels libres et outils collaboratifs


🌘 Liens des ressources mentionnées

Pour participer, François Pelletier souligne qu’aucun prérequis technique n’est nécessaire : la curiosité, le test d’outils ou le simple fait de corriger une date ou un mot suffit à faire vivre ces communs.

🌘 Transcription de la chronique

Cette transcription automatisée a été produite par Riverside et revisée par Google Gemini


Rémi (00:00)
Plaisir également de jaser techno avec notre ami François Pelletier. Comment ça va ce matin ?

François (00:05)
Super bien, ça sent le printemps, là.

Rémi (00:07)
Oui, tranquillement, pas vite.
Il y aura beaucoup de pluie dans les prochains jours. Ça fait fondre la neige, c’est clair.
Ça fait du bien au moral avec le changement d’heure également. Ce matin, on parle des communs numériques.
Mon cher, j’ai l’impression qu’en l’expliquant, on saura ce que c’est.
Le terme, peut-être, ne fait pas tout le temps résonner une cloche. C’est quoi, des communs numériques ?

François (00:29)
Les communs numériques… C’est basé sur le fait que l’Internet, à la base, est né d’un projet militaire de l’armée américaine.
Et dès que ça a été rendu public, les gens ont créé des forums, des communautés pour échanger, qui s’appelaient à l’époque les « Bulletin Board Systems » (BBS), puis les Usenet et ces choses-là dans les années 90. Et l’Internet a été, si on veut, colonisé par des entreprises technologiques au fil des années : les Google, les Facebook et ces autres entreprises-là.
Et le mouvement des communs numériques, c’est de dire : « Bon, réapproprions-nous l’espace sur Internet ».
Donc, c’est tout ce qu’on pourrait appeler des artefacts sur Internet qui n’appartiennent pas à une entreprise privée, mais qui appartiennent à la communauté des internautes.

Rémi (01:16)
Donc c’est des trucs un peu libres de droits, libres d’utilisation, un peu ?

François (01:22)
Bien, c’est plutôt des choses que l’on peut utiliser sans avoir à demander la permission, mais aussi que l’on peut améliorer.
Donc, Wikipédia est l’un des meilleurs exemples de commun numérique.

Rémi (01:34)
Oui, effectivement. Ça m’avait fait rire à un moment donné ; j’étais en classe et c’était nouveau — on était peut-être en 2004, ce n’était pas nouveau mais bon, c’était peut-être moins connu que ça l’est aujourd’hui — et quelqu’un avait dit dans la classe : « Moi, j’ai inventé un mot que j’ai mis sur Wikipédia ». Par la suite, il s’est rendu compte qu’il y avait un village en Afrique qui avait ce nom-là, mais son mot sortait en premier.
Il y a quand même beaucoup de drapeaux rouges avec le temps sur Wikipédia.
Est-ce que c’est par le fait que ce soit justement citoyen et public que, parfois, ces communs numériques-là sont moins — et je mets des guillemets ici — « crédibles », ou qu’il faut y faire attention ?

François (02:17)
Hé bien, comment dire… il faut les entretenir. Je pense que le meilleur exemple de ce qui ressemble à un commun, mais qui n’est pas numérique, c’était juste en face de vous à la station de radio quand il y avait les jardins de l’Îlot Fleurie.
C’était quelque chose de communautaire que, si tu ne t’en occupes pas, ça devient plein de mauvaises herbes.
C’est la même idée sur Internet : si tu ne t’en occupes pas, ça devient plein d’un petit peu de pollution.

Rémi (02:45)
Je comprends, la métaphore est belle.

François (02:48)
C’est ça, donc je pense que c’est un bon moyen de comparer.
Donc, j’ai dit Wikipédia, mais là, mon idée aujourd’hui, c’était de parler de ce qu’on a au Québec comme communs numériques, ce qu’on a de local, qui est… « fait maison », si on veut.

Rémi (03:02)
Bien ouais, où est-ce qu’on peut trouver ça ? Mettons Marc-André sur sa tablette en ce moment, où est-ce qu’il trouve ça, des communs numériques québécois ?

François (03:10)
C’est bon, bien je vais commencer par le gouvernement avec la BAnQ, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Eux, leur mission est, oui, d’avoir une copie de tous les livres qui sont publiés au Québec, mais c’est aussi de recenser les archives, donc d’archiver notre histoire quelque part.
Et ce travail-là, ils le font via les archives de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Mais aussi, ce sont de grands contributeurs à Wikipédia, qu’on a mentionné juste avant. Ah ouais ?
Donc, eux organisent chaque mois à Montréal une journée où les gens peuvent venir.
Il y a une thématique et on va contribuer ensemble à Wikipédia.
On vous montre comment faire de bonnes contributions qui vont être bien révisées, qui vont être acceptées.
On vous montre comment participer à cet écosystème-là avec les règles, parce qu’au fil du temps, il s’est bâti des règles aussi pour bien contribuer et garder ça propre.
Donc, ça c’est un bel exemple que je voulais souligner, qui est dans… si on veut, plus la sphère du gouvernement, le ministère de la Culture.
Sinon, un autre exemple de commun numérique, c’est tous les objets qu’on peut créer dans les Fab Labs. Oui !
Les ateliers où il y a des imprimantes 3D, il y a des machines pour découper le bois, etc. Bien, tous les plans pour créer les objets sont souvent sur un site Web qu’on appelle Thingiverse.
Donc c’est « l’univers des choses ». Et ça, ce sont des gens en ingénierie, souvent, qui les ont dessinés et qui les partagent publiquement.
Il y a des millions d’objets : autant de la décoration que des objets du quotidien, ou des pièces pour ton auto, ou comment dire… si tu veux réparer quelque chose dans la maison.
Ces pièces-là existent sur Internet. C’est un commun numérique aussi.
Tu peux juste prendre la pièce, l’imprimer avec une imprimante 3D, puis l’installer ou l’utiliser.

Rémi (05:15)
Ouais, ça c’est quand même assez capoté. Les imprimantes 3D, c’est-tu quelque chose qui se démocratise un peu ?
Penses-tu qu’un jour tout le monde va avoir ça dans sa maison, ou on ne s’en va pas là, tu penses ?

François (05:25)
On pourrait, parce que moi je suis bénévole au Fab Lab du Patro de Lévis.
Une imprimante 3D, c’est dans les 600-700 dollars. Ça reste un objet accessible.

Rémi (05:36)
C’est pas si pire.

François (05:41)
Il y a d’autres machines… on a d’autres machines qui coûtent cher comme des machines laser.
Là, on est dans les 10 000 dollars et plus.

Rémi (05:50)
Ça, c’est peut-être un peu moins accessible.

François (05:52)
C’est pour ça qu’il faut les partager, puis ça en fait aussi un commun.
En fait, un Fab Lab, c’est un espace qui est construit aussi dans l’esprit des communs numériques.
Il y en a quelques-uns dans la région de Québec : il y en a à Charlesbourg, il y en a à Sainte-Foy, à Lévis on en a deux.
C’est donc aussi un espace. Puis ça, ça vient de la Belgique, le concept de Fab Lab ; là-bas, il y en a un dans chaque village.
Ouais, c’est vraiment…

Rémi (06:16)
Ouais !

François (06:19)
L’esprit de cet espace communautaire, c’est un endroit où échanger entre patenteux et bricoleurs.

Rémi (06:25)
J’adore ça. Il ne faut pas perdre ça, ce partage de savoir qui nous fait aussi économiser, il ne faut pas l’oublier.
Il y a des ateliers également collaboratifs pour le vélo, il y a toutes sortes de choses comme ça, c’est absolument génial.
Si on revient à ces communs numériques québécois, François Pelletier… La BAnQ, les Fab Labs, y en a-t-il d’autres ?

François (06:45)
Oui, il y a par exemple ce qu’on appelle les services de FACIL. Moi, je suis sur le C.A.
de FACIL, qui est un organisme pour l’éducation sur les logiciels libres.
On a des services en ligne qui sont gratuits et que tout le monde peut utiliser.
Par exemple, on a des bloc-notes collaboratifs, des outils pour collaborer en ligne sur des fichiers de façon anonyme.
On a un site de vidéoconférence aussi que les gens peuvent utiliser pour remplacer, si on veut, Teams ou Zoom ou ce genre de plateforme-là.
Et on vise à étendre cette gamme-là. FACIL est devenu récemment un organisme de bienfaisance.
On va pouvoir recevoir des dons et faire des reçus d’impôts et tout ça dans les prochains mois.
On veut vraiment faire grossir cette plateforme-là et aider les gens à avoir aussi leur propre plateforme, leur propre commun numérique, parce que l’idée de décentraliser aussi, c’est que ce soit proche, que ce soit local, que ce soit communautaire.
Rémi (07:47)
Il y a beaucoup de gens qui cherchent des alternatives québécoises aux réseaux sociaux, à l’intelligence artificielle, etc. Donc de s’intéresser à ça, c’est super pertinent.
Il y a aussi Praxie et Passerelle, c’est quoi ça ?

François (08:02)
Praxie et Passerelle, dans le fond, c’est l’association Communecter qui, au fond, fait partie de Projet Collectif, qui est un OBNL.
Il y a ces deux plateformes-là : Praxie, qui est une base de données communautaire principalement alimentée par les organismes communautaires du Québec, et Passerelle, qui est un espace de discussion pour les groupes communautaires dont l’objectif est de sortir les gens des groupes Facebook.
Donc, c’était ça la motivation au départ. Et maintenant, il y a plus de 12 000 membres et beaucoup d’OBNL du Québec y sont représentés.
Donc, ça fait un espace pour un organisme pour partager avec la communauté sans forcer les gens à aller sur Facebook, à se créer des comptes et à faire partie de cet écosystème-là qui, on va se le dire, Facebook, est conçu pour nous faire perdre notre…

Rémi (08:57)
… oui, et nous vendre des patentes, et nous espionner.
François (09:01)
Trouver l’information y est difficile. Le but de Passerelle, c’est que tu vas chercher l’information dont tu as besoin, que tu partages, mais que tu ne passes pas ta journée là.
Rémi (09:09)
En terminant, François Pelletier, s’il y a des gens qui entendent ça puis qui se disent : « Bien moi, je veux participer à ça, je veux désherber, puis faire en sorte que ça reste beau », c’est quoi la meilleure manière de participer à des communs numériques comme citoyen ?

François (09:21)
Il n’y a pas de prérequis technique.
On pourrait penser parfois : « Bien, moi je ne suis pas auteur, je ne suis pas documentariste, je ne peux pas participer à Wikipédia », ou « Je ne peux pas aller dans le Fab Lab, je ne connais rien à l’ingénierie », tout ça.
Mais non, c’est… avoir de la curiosité, c’est vraiment important. Et de commencer juste par tester.
« Hé, j’ai testé ton modèle en 3D, puis ça n’a pas marché. Peut-on l’améliorer ? »
Juste, parfois, donner du feedback sur le retour des autres, c’est précieux.
« J’ai lu ton article sur Passerelle, puis je n’ai pas compris, il y a des mots que je ne comprends pas ».
Juste répondre en commentaire, alimenter la discussion, participer : c’est la première chose quand on arrive dans une communauté.
C’est le meilleur moyen de s’entraider, c’est de se réviser entre nous parce que justement, ça n’appartient pas à une entité supérieure.
C’est justement d’améliorer collectivement. C’est comme ça qu’un Wikipédia ou que d’autres plateformes se sont bâties aussi.
C’est : chacun apporte son petit morceau. Même si c’est juste corriger un mot, changer une date, c’est ça qui améliore les choses.
Mais à un moment donné, tu y prends goût, tu en prends l’habitude, puis tu fais de plus grosses contributions aussi.
Rémi (10:41)
C’est tellement intéressant, les communs numériques, comme concept ; et deux, de savoir qu’on en a autant au Québec et qu’on peut y participer tous et chacun comme citoyens et citoyennes.
François Pelletier, merci beaucoup de nous partager tes connaissances, c’est toujours extrêmement instructif. Passe une belle journée.

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